Raymond Depardon à Montpellier : 4 expositions d'exception
Dans le cadre de la manifestation "Raymond Depardon en Languedoc-Roussillon", un projet initié par la Région Languedoc-Roussillon et coordonné par
Languedoc-Roussillon cinéma, la Ville de Montpellier accueille quatre expositions exceptionnelles du photographe Raymond Depardon. Raymond Depardon - série "Villes" / Magnum photos Raymond Depardon
- série "Villes" / Magnum photos Inaugurations en présence de Raymond Depardon :
● Le 5 novembre à 18h au Pavillon Populaire pour les expositions « Errance », « Villes » et « Paysans »
● Le 8 décembre à 18h au Carré Sainte Anne pour l'exposition « Un regard sur le Languedoc-Roussillon » Artiste de renommée internationale, témoin précieux de notre société, Raymond Depardon a
construit une œuvre plurielle, constituée de photographies, de courts métrages, de films de fiction et de documentaire, sans oublier la riche bibliographie qui l'accompagne. Au-delà des modes, il
poursuit inlassablement son travail d'exploration du monde, de l'Afrique aux Cévennes, de New York à Paris, attentif aux hommes et aux grandes problématiques de notre temps : le monde urbain,
l'évolution des paysages et la transformation des territoires, la mondialisation et ses conséquences sur notre vie quotidienne, la disparition d'une certaine ruralité. Dans le cadre de la
manifestation « Raymond Depardon en Languedoc-Roussillon » organisée par l'association Languedoc-Roussillon Cinéma, la Ville de Montpellier soutient l'accueil de ce grand photographe dans notre
Cité en programmant :
● Les expositions « Errance », « Villes » et « Paysans » au Pavillon Populaire du 6 novembre 2009 au 31 janvier 2010 (tlj sauf lundi et jours fériés de 10h à 18h, accès libre)
● L'exposition « Un regard sur le Languedoc-Roussillon » au Carré Sainte Anne du 9 décembre 2009 au 31 janvier 2010 (tlj sauf lundi et jours fériés de 10h à 18h, accès libre). Ouverte à tous, une
programmation culturelle de qualité (conférences, projections, ateliers...) accompagnera les expositions. Télécharger le programme complet de la manifestation "Raymond Depardon en
Languedoc-Roussillon"
Quelques mots sur Raymond Depardon Raymond Depardon / Né en 1942 de parents cultivateurs, Raymond Depardon prend dès 12 ans ses premiers clichés,
dans la ferme familiale du Garet. En 1958, il monte à Paris où il intègre l'agence Dalmas comme reporter. En 1966, il cofonde l'agence Gamma, à travers laquelle il multiplie les reportages. Puis il
se lance dans le cinéma direct avec 1974, une partie de campagne. Il rejoint l'agence Magnum Photos en 1978, puis mène en parallèle sa double carrière de photographe et de cinéaste, couronnées
notamment par le Grand Prix National de la Photographie en 1991 et le César du meilleur film documentaire pour Délits flagrants en 1995. En 2006, il est directeur artistique invité des Rencontres
d'Arles. Bibliographie sélective Correspondance new-yorkaise, Editions de l'Etoile/Libération, 1981 La ferme du Garet, Carré, 1995 Voyages, Hazan, 1998 Errance, Le Seuil, 2000 Villes-Cities-Städte,
Steidl-Actes Sud, 2007 La Terre des Paysans, Le Seuil, 2008 3 expositions de Raymond Depardon au Pavillon populaire Du 6 novembre 2009 au 31 janvier 2010 Inauguration le jeudi 5 novembre à 18h
3 expositions de photographies de Raymond Depardon sont présentées au Pavillon populaire :
"Villes", "Errance" et "Paysans". Errance Raymond Depardon
- série "Errance" / J'ai mal ! C'est le début de l'hiver ; un jour comme les autres, dangereux... qui laisse filer le temps. Une impression de malaise me gagne, un manque d'enthousiasme,
des projets flous, des désirs frustrés, enfin rien de très inquiétant, ce sont des pensées un peu sombres. Je suis seul responsable. Je pense à un prochain rendez-vous avec une importante
institution. Je suis censé réfléchir à un nouveau travail à réaliser, il me faut donner des réponses claires et, pour la première fois, remplir des cimaises, beaucoup de murs blancs. Je ne suis pas
«exposant». Que faire ?... Je suis libre, il me manque le désir, c'est-à-dire le plus important. Cette responsabilité me pèse. Il y a trop de guides, pas assez de solitude !... Je pourrais partir
sur les routes, chercher le réconfort dans les déserts, fuir dans des histoires à me donner bonne conscience, vanter l'utilité de mon métier ou faire l'éloge des derniers hommes libres... J'ai le
choix aussi de retourner sur des lieux aimés pour y travailler différemment. Mais rien ne me plaît. Un matin, je me retrouve dans le bureau du rédacteur en chef d'un grand magazine illustré, à
l'initiative d'un commercial de mon agence. Nous avons parlé de voyages, de sujets, il me savait réticent à certaines photographies. Habile et sympathique. Nous avons beaucoup parlé des écrivains
voyageurs. Un mot revenait toujours dans la conversation, c'était le mot errance. Mais comment photographier cette errance et d'abord qu'est-ce que cela voulait dire ? Je promis d'y réfléchir... Je
rentrai chez moi et regardai la définition d'errer dans un dictionnaire : « aller çà et là à l'aventure », « aller de côté et d'autre en parlant des choses », « qui ne se fixe pas, qui s'égare ».
Il me faut vivre cette quête qui est la mienne... Elle arrive à un moment, ni bon ni mauvais, elle est nécessaire... Pour être juste, cette errance est forcément initiatique... Mon regard va
changer... Cette quête devient la quête du moi acceptable. Raymond Depardon (extraits du livre Errance, Editions du Seuil, 2000)
- série "Paysans" / Magnum photos Raymond Depardon - série "Paysans" / Magnum photos Né de parents agriculteurs, Raymond Depardon a réalisé ses
premières photographies dans la ferme natale du Garet, près de Villefranche-sur-Saône, qu'il quitte dès 18 ans pour être photographe à Paris. Pendant des années, il parcourt le monde, comme
photographe, puis comme cinéaste, en quête d'images qui racontent le monde. Pour autant, la ferme de ses parents, et le sentiment de l'avoir abandonnée, ne cessent de l'obséder, au point
d'apparaître en filigrane dans nombre de ses travaux. Une commande de la DATAR, au début des années 80, lui offre l'occasion d'y retourner, pour y travailler, quand des commandes pour la presse, à
d'autres moments, lui permettent de photographier d'autres paysans, dans d'autres régions. Ce n'est qu'en 1995, avec la publication du livre « La Ferme du Garet », qu'il explore ce lien originel,
et, libéré, peut envisager le projet de filmer, sur une dizaine d'années, la vie rurale en moyenne montagne, dans la France des années 2000. En naît la trilogie « Profils Paysans » : « L'approche »
(2000), « Le quotidien » (2005), et « La vie moderne » (2008), en parallèle de laquelle Raymond Depardon continue à photographier, en noir et blanc, puis en couleur. Produite à partir du livre
éponyme paru à l'automne 2008, l'exposition restitue ce parcours à travers plusieurs ensembles d'images, prises entre 1960 et 2007. Elle donne ainsi un aperçu de cet attachement à la terre des
paysans. Villes Raymond Depardon
- série "Villes" / Magnum photos Raymond Depardon - série "Villes" / Magnum photos J'ai aimé me perdre dans ces villes étrangères, je me suis efforcé de
me dissimuler dans le flot des passants des rues animées de ces grandes cités. Pour quelques heures, pour quelques jours, j'étais un habitant, un peu particulier. Je restais étranger, mais j'étais
adopté et protégé par la foule. J'ai toujours pris plaisir à ne pas me faire remarquer, à disparaître aussitôt repéré, à me fondre d'une rue à l'autre, sans chercher à me cacher, en restant un
touriste un peu décalé, plutôt curieux mais toujours amateur. Mon secret, aller vite comme les piétons de ces villes, pour respecter l'itinéraire de leur vie quotidienne. Comme j'étais acteur et
marcheur, il me fallait sans cesse ne pas regarder, photographier, sourire et disparaître. Le hasard a toujours bien fait les choses. C'est vrai que chaque ville a son propre mouvement,
travailleurs, chômeurs, étudiants, passagers ; tout est travelling et plan séquence dans une ville. D'un coté, j'arrêtais un moment banal et original avec ma caméra et mon film de cinq minutes, et
de l'autre, je fixais un moment flou avec mon appareil photo, un instant éphémère qui allait disparaître à tout jamais. [...]
Raymond Depardon, 2008 Pavillon Populaire Esplanade
Charles-de-Gaulle Entrée libre. Ouvert de 10h à 18h (sauf le lundi) T. 04 67 66 13 46